Un interrupteur moléculaire bloqué : une équipe de Montréal récompensée pour sa percée contre le cancer

C’est une percée qui fait réagir aussi bien les laboratoires que le grand public. La découverte réalisée par l’équipe du chercheur Marc Therrien à l’Institut de recherche en immunologie et en cancérologie (IRIC) de l’Université de Montréal vient d’être sacrée Discovery of the Year par les lecteurs de Québec Science. Et pour cause : elle touche au cœur du cancer — un fléau qui frappe près de tout le monde, de près ou de loin.

Leur travail se concentre sur une protéine clé appelée BRAF, souvent mutée dans des cancers comme le melanoma , le cancer colorectal ou certains cancers de la thyroïde. Normalement, BRAF agit comme un interrupteur moléculaire contrôlant la croissance cellulaire. Mais lorsqu’elle est mutée, cette protéine reste coincée en position « on », entraînant une prolifération incontrôlée des cellules cancéreuses.

Ce que l’équipe de Therrien a réussi, c’est de révéler comment contraindre cette version dysfonctionnelle de BRAF à revenir à une inactive form — comme si l’on forçait un bouton grippé à se débloquer. Cette découverte du mécanisme ouvre la porte à de nouvelles stratégies thérapeutiques capables de neutraliser ces mutants plutôt que de simplement les contourner.

« Notre découverte sur les mutants de BRAF ouvre la voie à de new drugs capables de les inactiver », explique Marc Therrien, dont l’équipe a été largement saluée. « Cela pourrait faire une différence réelle pour un grand nombre de personnes atteintes de cancers dépendants de BRAF. »

Le fait que cette recherche ait remporté le prix du public n’est pas anodin. Les découvertes liées au cancer attirent souvent un fort élan de public support , rappelle Marine Corniou, rédactrice en chef de Québec Science. « La recherche fondamentale a un impact concret, et ce prix le montre. Le public reconnaît l’importance du travail en coulisses, dans les laboratoires. »

Les retombées potentielles sont considérables : si des médicaments ciblés peuvent être développés à partir de ces findings , on pourrait voir émerger des traitements plus précis et efficaces pour des formes de cancer jusqu’ici difficiles à traiter. Mais le chemin reste ardue — la mise au point de molécules sûres et délivrables prendra des années.

Entre temps, l’équipe de l’IRIC voit dans ce prix une reconnaissance puissante — et un catalyseur pour continuer. « Ce soutien, à la fois precious et profondément motivant, nous encourage à poursuivre nos efforts », conclut Therrien. Et pendant que les scientifiques retournent à leurs microscopes et leurs pipettes, le public, lui, a déjà voté : la science qui soigne, c’est celle qu’on veut voir avancer.

Commentaires 8

  • D
    DocEnSavoir

    Félicitations à l’équipe de l’IRIC ! C’est exactement ce genre de recherche fondamentale qui, des années plus tard, devient un life-saving treatment . On oublie trop souvent que les découvertes majeures commencent dans des labos comme celui-ci.

  • V
    VéroBio

    J’ai un membre de ma famille touché par un cancer à mutation BRAF. Lire que des pistes thérapeutiques concrètes émergent… ça fait chaud au heart , même si on sait que ce n’est pas pour demain.

  • L
    LabRat99

    Forcer une protéine mutante à revenir à l’état inactif, c’est comme réparer un logiciel bogué sans avoir à tout reinstall . La élégance de la biologie moléculaire me stupéfie encore.

  • P
    PasSiVert

    Le prix du public, ok, mais est-ce qu’on sait combien de research funding cette équipe va vraiment recevoir après ça ? Parce que les microscopes, ils coûtent cher, même s’ils sauvent des vies.

  • C
    CancerVaincu

    « Bloquer un interrupteur moléculaire » — le titre sonnait un peu comme de la science fiction , mais là, on tient du concret. J’espère que les laboratoires pharmaceutiques suivront vite.

  • M
    MarieDuNord

    Ça fait du bien de voir une recherche québécoise récompensée. On n’a pas besoin d’être à Boston ou à Berlin pour faire de la cutting-edge science , hein.

  • S
    Sceptique87

    C’est encourageant, oui, mais combien de « percées prometteuses » finissent abandoned en phase préclinique ? J’attends de voir des essais cliniques avant de crier victoire.

  • J
    JulesCellule

    Et dire que BRAF, c’était considéré comme intraitable il y a quelques années… La science avance par à-coups, mais elle avance. Bravo à ceux qui poussent dans le noir.